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Rencontre
: Tom Barman, leader de dEUS "The Ideal Crash" to start again ?
GO: Ce troisième CD, pour vous, il signifie quoi ? Tom BARMAN: C'est un bon CD. On a longtemps et beaucoup tra-vaillé sur ce disque et je suis content qu'il soit là. '98 a été assez "heavy", tant au niveau personnel qu'au niveau du disque qui n'était pas facile à faire. C'était très intense. Ça signifie aussi un nouveau commencement. On va repartir en tournée et faire des concerts. Donc, un bon sentiment. GO: Vous dites que l'année qui vient de se terminer était très difficile et "heavy". A quel niveau ? Tom BARMAN: En 1997, on a beaucoup tourné et on s'est arrêtés en novembre, après l'Irlande. On s'est pris un mois de repos et on a com-mencé à travailler. C'est vrai que la tournée en '97 a été très longue avec de nombreux concerts, mais c'est plutôt l'année passée qui a été très intensive, parce que si tourner est très physique, écrire est très dur émo-tionnellement. GO: Vous travaillez par blocs? Tom BARMAN: Oui, parce qu'on n'est pas tout le temps ensemble. Et à l'avenir, ce sera de plus en plus comme ça puisque tout le monde va habiter un peu partout. GO: Vous êtes satisfait de votre maison de disques? Tom BARMAN: On a de bonnes relations avec Island et ils sont contents de l'album. J'ai l'impression qu'ils vont vraiment beaucoup travailler dessus. Bien sûr, ce n'est pas notre premier disque. On n'est pas naïfs, on sait comment cela se passe dans les maisons de disques. Mais je crois que l'enthousiasme est là, plus que pour le précédent. Ils trouvaient que ce dis-que était trop diffus, trop difficile à vendre. Bref, on va voir, mais je suis très optimiste. GO: Vous n'avez tout de même pas calqué le CD en fonction des difficultés de vente du précédent ? Tom BARMAN: Non, pas du tout. Le CD s'est bien vendu, même si on peut toujours vendre plus. On ne peut pas mentir: ça nous intéresse de vendre partout dans le monde ... Ce qu'on fait dans certaines régions, ce qu'on ne fait pas dans d'autres ... Mais cela reste des discussions d'après". Ça ne se passe jamais avant. Comme ça, il n'y a pas de pression. Nous som-mes complètement libres. On a passé un moment génial en Espagne et on voudrait continuer à faire ça, mais c'est vrai que pour faire ça, il faut des moyens, il faut vendre des disques. GO: Les moyens qu'on vous alloue sont quand même beaucoup plus larges que par le passé. Cela se voit compte tenu des différents lieux où vous avez enregistré... Tom BARMAN: On a toujours eu la possibilité de faire cela mais on ne voulait pas. Stef allait partir puis revenait ; Rudy partait... Ce n'était pas une bonne idée à cette époque. Maintenant, on est vraiment un groupe. On a beaucoup tourné dans le monde : 160 concerts en un an ! Presque un jour sur deux ! On était donc assez confiants pour partir. Et il y a aussi le fait que notre manager nous ait fait construire un studio en Espagne. GO: Et la nouvelle équipe? Comme vous venez de le dire, il y a eu des départs dans dEUS. Tom BARMAN: Moi, j'ai arrêté de croire qu'on était là "forever and ever", que tout le monde allait rester. Mais qu'on ait pu survivre à deux départs assez importants et qu'on ait pu remplacer ces gens très talentueux par d'autres personnes talentueuses, c'est cela qui me donne confiance pour le futur. Quand on voit les Pixies : les deux dernières années de leur existence, ils ne se parlaient plus. C'est quelque chose que je ne peux personnellement pas m'imaginer. GO: Est-ce qu'il y a une grande séparation entre la vie professionnelle et la vie privée par rapport au groupe? Tom BARMAN: Quelques personnes sont plus "privées" que d'autres. J'aime bien sortir et faire la fête ; Craig, par contre, est marié et habite Glasgow. Klaas, je le vois souvent ici, dans les bars. Chacun son truc. A 22 ans, tout le monde veut habiter ensemble, mais quand on est plus âgé, on rencontre d'autres personnes, on a envie de sortir du cercle. GO: Le succès actuel, vous l'imaginiez comme ça? Tom BARMAN: Je ne l'ai jamais imaginé comme ça et encore moins dans sa durée. C'est la même chose pour toute la scène belge qui a commencé dans les années '90. J'ai pas mal de copains de groupes américains ou anglais qui sont venus et qui ont été étonnés par l'enthousiasme qui règne ici et qui est différent du reste de l'Europe où beaucoup de musiciens ont l'air déprimés ou très sombres. C'est une chose à laquelle je ne me suis jamais attendu. Alors en plus, si ça dure ... Et qu'il soit toujours possible de faire des disques ... Que Rudy soit encore là, que Stef soit encore là, Soulwax, Metal Molly K's Choice ... C'est assez unique ... Et ça fait déjà 7 ou 8 ans que ça dure ... GO: En parlant d'autres groupes, dEUS a fait la première partie d'artistes très prestigieux. Maintenant, quel serait le groupe avec qui dEUS aimerait partager l'affiche? Tom BARMAN: Elvis est en tournée mondiale, je crois ... (rires) Non, moi, j'aime beaucoup Blur. On a failli partir en tournée en Australie ensemble, mais on n'avait pas l'argent. La maison de disques ne voulait pas donner d'argent parce qu'on était en fin de tournée. Sinon, il y a aussi R.E.M. et Radiohead bien sûr. Ce sont des réponses un peu évidentes, mais bon, ce sont de très bons groupes ... GO: Le fait d'enregistrer dans différents pays comme vous l'avez fait pour ce dernier album, c'était pour les besoins de certains morceaux? Tom BARMAN: Pour l'Espagne, c'est Musickness (ndlr: leur management) qui en avait le projet. On se sentait confiants pour travailler à l'étranger. Et puis, c'est évident que partir là-bas ... (rires) Pour Londres, on avait un deal avec le producteur. On choisissait où on enregistrerait et lui choisissait où on mixerait. Il habite Londres et connaît bien les studios là-bas. On y trouve les meilleurs. Si on avait des problèmes techniques en Espagne, il fallait deux ou trois jours pour réparer. A Londres, un coup de fil et en maximum trois heures, c'était réglé. Tout s'est très bien passé, mais je ne dois pas vous expliquer pourquoi c'était plus amusant en Espagne qu'à Londres ! En plus, on était un peu en-dehors de Londres ... Enfin, on était toujours en studio, donc ça allait ... Et même s'il y a beaucoup de boîtes là-bas, sur un mois et cinq jours, je ne suis sorti qu'une fois. C'était à l'after party de Placebo. Par contre, en Espagne ... On n'est jamais sorti ... (rires) GO: Plus les conditions sont difficiles pour créer, meilleur est le résultat. Cet adage se confirme-t-il ici? Tom BARMAN: Je ne sais pas si c'est la règle. Je connais des personnes qui ne fonctionnent pas du tout comme ça. Et ce n'est pas parce qu'on était en Espagne que les conditions étaient faciles. On a écrit beaucoup de trucs à Ronda en février. Il ne faisait pas très beau. Ça a commencé à être plus difficile de se concentrer à partir de avril-mai. Mais on était là pour travailler et c'est ce qu'on a fait. Le disque est là et à temps. GO: Pour le premier album, au niveau finances et autres, c'était plus "rock and roll" que maintenant? Tom BARMAN: Oui, parce que le premier album, on l'a enregistré en 17 jours, mais on a écrit les morceaux en quatre ans, donc ... GO: Vu de l'extérieur, vous deviez vous battre. Tom BARMAN: Pas du tout ! On doit se battre aussi maintenant. A l'époque, on enregistrait au studio "Caraïbes" à Bruxelles et on mettait peut-être une demi-heure pour retourner à Anvers alors que maintenant, on doit marcher cinq minutes pour aller à l'hôtel. Dans ce sens, c'est plus facile en effet. Mais tout le reste a changé. II y a des trucs extérieurs qui sont là maintenant et qui n'étaient pas là au début. Les gens attendent plus de nous maintenant. En tout cas, on n'a pas pris la décision de partir en Espagne parce qu'on avait de l'argent pour le faire. D'ailleurs, en Espagne, les prix sont très modérés et le studio là-bas était moins cher qu'un studio de même qualité ici. GO: De manière générale, vous préférez vous exprimer sur scène ou sur l'album ? Tom BARMAN: J'aime les deux. Les deux peuvent être aussi frustrants qu'amusants. Quand on mixe dans le studio et que ça commence à sonner, c'est bon d'être là. Et quand on donne un mauvais concert, c'est aussi frustrant que quand on est en studio. Mais je vais quand même avouer qu'en studio, ça ne devait pas durer un jour de plus parce qu'à la fin, c'était vraiment trop `close', on risquait l'explosion de nerfs. GO: Vous avez enregistré combien de temps ? Tom BARMAN: Mixage compris, environ 2 mois et demi. GO: Pour les prochains concerts, ll y a encore des shows prévus comme pour votre dernière tournée, avec des danseurs? Tom BARMAN: Oui, probablement. Ou pas. Ou des autres trucs ... GO: Vous avez fait un concert il y a quelques semaines, en tant qu'ambassadeurs de la Flandre. C'était une obligation ? Tom BARMAN: Oui, c'était la seule d'ailleurs. Et on parle de la Flandre un peu partout. GO: Et ça vous apporte quoi ? Tom BARMAN: Ça nous rapporte de l'argent pour faire des
concerts. Dans le cas de la tournée avec Blur en Australie, cet
argent aurait financé le transport et les hôtels... Propos recueillis par Ann De Tobel
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